Pour aborder la flore, nous commencerons par parler du sol de Formentera. Morphologiquement, il se compose essentiellemnt de roches calcaires et de sables. Ajoutée à la maigre et irrégulière pluviuosité déjà mentionnée, l'importante perméabilité des terrains constitue une condition peu favorable à une végétation abondante.

Sol pierreux au Cap de Barbaria
     On peut observer sur cette photo la zone du Cap de Barbaria. Sol plat et pierreux, à la rare végétation. On y distingue uniquement des thyms et des romarins.

 

 

     Une grande partie de Formentera est couverte de bois de pins (Pinus halepensis) et de "savines" (Juniperus Phoenicia), de la famille des cupréacées (Gymnospermes). Il existe aussi quelques exemplaires de pin à pignon (Pinus Pinea).

 

     On pourrait dire que la sabina (avec un "b" en espagnol) est l'arbre caractéristique de Formentera, vu qu'en aucune île de l'archipel elle n'atteint une importance aussi évidente, tant par le nombre d'exemplaires comparé aux autres essences que par sa taille et l'âge de certains de ses représentants. Dans les plus anciennes maisons de Formentera, les poutres, les cintres de porte ou de fenêtre sont faits en bois de sabina et l'on peut constater qu'il a parfaitement résisté aux inclémences du ciel et des ans. On utilise également ce bois comme élément ornemental dans les maisons modernes ou les restaurants. Un usage regrettable est venu s'ajouter à ceux de la tradition, à savoir la coupe de jeunes exemplaires au moment de Noël du fait de sa ressemblance avec le sapin, ce qui contribue à amoindrir les peuplements actuels et à intensifier leur protection.

Exemplaire de 'savina', Juniperus Phoenicea

Savina. Juniperus Phoenicea

 

De nombreux exemplaires de savina atteignent de considérables proportions. Son bois a été communément utilisé dans la construction en raison de sa grande dureté.

 

 

 

 

 




Le sous-bois est typiquement méditerranéen: lentisques (Pistacia Lentiscus), romarin (Rosmarinus officilinalis), thym (Coridothymus capitatus), "Ollastre" (Olea europea), genèvrier (Juniperus oxycedrus), ciste blanche (Cistus albidus), etc.

Dans les zones sablonneuses et sur les plages, à part celles déjà mentionnées, on rencontre d'autres espèces, en particulier l'"esteperol" (Cistus Clusii), sur les dunes, le "lletreres", genre d'euphorbe, et la "botja" (Ononis natrix). Est très présent également le "carritx" (Ammophilia arenaria). Sur les terres marécageuses qui bordent les marais salants, les espèces halophiles prédominent, telles que le "jonc" et les "solseres" (Salicornia arabica et Suaeda fructicosa). Un processus de protection des dunes est actuellement engagé qui devrait permettre la mise en valeur de leur flore.

D'autres espèces bien adaptées sont les figuiers de Barbarie (Opuntia ficus indica) et les agaves (Agave americana) .

L'arbre le plus représentatif de notre paysage est cependant le figuier (Ficus caprica). Il s'agit d'un arbre à feuilles caduques, au tronc tordu, aux feuilles lobuleuses et rèches à la sève laiteuse. Originaire d'Asie, ses fruits ont été utilisés depuis des temps immémoriaux par les habitants de l'île et il reste l'arbre le plus cultivé.

Higuera. Higos Figues séchant au soleil

 















Les figues sont récoltées et une partie est séchée pour la consommation tout au long de l'année.

 

 

 

La faune formentérienne.

     On ne dispose actuellement que peu de données faunistiques concernant Formentera. Les études existantes sont assez incomplètes. De plus, nous ne traiterons ici que de la faune terrestre sans mentionner le riche écosystème marin, tant animal que végétal tout au long de nos côtes.

     Si l'on commence par les mammifères, on constate en premier lieu l'absence de carnivores sauvages, même s'il se trouve quelque chat domestique abandonné retourné à l'état de nature. Les lapins sont abondants, bien qu'il n'existe pas de lièvres sur l'île. Quelques espèces intéressantes sont le loir (Eliomys quercinus ssp. Gymnesicus) qui a connu à Formentera un processus de micro-évolution, qui comme dans le cas d'autres espèces, l'a mené au gigantisme, à tel point que les exemplaires vivant à Formentera atteignent une taille exceptionnellement développée. Phénomène identique pour la souris des champs (Mus musculum). Les deux espèces de rats, le rat d'égout (Rattus norvegicus) et le rat des champs (Rattus rattus) ne sont pas très abondants, même s'il on observe une certaine augmentation en nombre dûe à des dépots d'ordures incontrolés.

 

Lagartija al sol 'Lagartija', (Podarcis sp)

     Particulièrement intéressants sont les reptiles à Formentera, surtout en ce qui concerne les lézards (Podarcis sp), représentés par plusieurs espèces ayant survécu dans des conditions d'isolement génétique sur les petits îlots bordant l'archipel et qui ont évolué en donnant lieu à diverses sous-espèces.



     Le gécko se rencontre également (Tarentola mauritanica et Hemidactylus turcicus), apparemment introduit par l'homme. Aucun type de serpent n'est représenté, ce qui pourrait sembler étonnant du fait que l'un des noms que reçut l'île dans l'antiquité, Ophyusa, parait faire référence à ce type de reptile.

     Parmi les insectivores, on remarque des espèces telles que le hérisson africain (Erinaceus algirus ssp. Vagans), assez répandu sur l'île et dont le principal ennemi sont les routes et les automobilistes nocturnes, les hérissons essayant de traverser la nuit terminent souvent sous les roues de quelque conducteur inattentif. On notera également les chauves-souris qui connaissent aujourd'hui une considérable réduction de leur nombre.


Gaviota



     Une mention toute spéciale devrait être faite de la vie des oiseaux à Formentera. On sait de manière certaine qu'y nichent actuellement 41 espèces d'oiseaux, quantité assez élevée si on la compare avec le chiffre de 54 répertoriées dans l'archipel des Pithyuses. On peut distinguer trois grands groupes en fonction de leur habitat, les oiseaux proprement terrestres, les oiseaux marins et ceux des zones humides, ces deux derniers étant sans doute les plus importants. A noter en particulier ceux qui nichent à l'Estany Pudent où apparaissent quelques colonies spécialement remarquables, y compris à l'échelon de l'ensemble de la Méditerranée.